- Bienvenue sur le Portail des Arts martiaux et des Sports de combat : Sport-Fight.net
Le Gouren
Sport-FighT
Le gouren est la lutte traditionnelle de
Bretagne. Elle a été importée en Armorique par les
bretons de Grande Bretagne au 4ème siècle,
lorsqu’ils ont été chassés de leur pays par les
tribus nordiques. Le gouren était à ce moment là un
sport très prisé, et pratiqué uniquement par les
nobles. C’était un jeu pour s’entraîner à l’art
guerrier, mais aussi un moyen de montrer son adresse et
sa bravoure lors de tournois, ou de gagner le coeur
d’une belle demoiselle. La légende veut que de célèbres
chevaliers tels que Gauvain, Lancelot ou Perceval soient
d’excellents lutteurs. Le roi Arthur lui même aimait
affronter ses chevaliers au cours de luttes. Plus tard
dans l’histoire, c’est le roi François I qui se mit
à la lutte, rencontrant en personne le roi d’Angleterre
Henri VIII et lui marquant un magnifique Lamm.
Une démocratisation du gouren
Après avoir été réservé aux nobles,
le gouren s’est démocratisé, et devint un sport très
populaire dans les campagnes. Les paysans s’entraînaient
dans les champs après leur journèe de labeur, à même
le sol. Le dimanche était l’occasion de rencontrer
les lutteurs des communes voisines, et de défendre
l’honneur de son village. Les prix étaient très variés,
allant d’un mouchoir brodé ou d’un chapeau à un
mouton, une somme d’argent, ou même un taureau lors
des tournois de Scaër. Les lutteurs conservaient
jalousement leurs techniques, et les transmettaient
uniquement à leurs fils. Un serment était déjà prêté
avant chaque tournoi, très empreint de superstition :
les lutteurs devaient jurer de n’avoir fait appel à
aucun sortilège pour gagner. Les combats n’avaient
pas de durée limitée, la victoire étant obtenue
uniquement par Lamm. Certains combats ont paraît-il duré
une nuit entière. Ils étaient arbitrés par des
anciens lutteurs ou des personnalités importantes du
village, et aucune catégorie d’âge ou de poids
n’éxistaient.
Après la première guerre mondiale, de
nouveaux sports tel que le football ou le cyclisme
apparurent, et le gouren commença à perdre sa notoriété.
Il continua toutefois à être pratiqué, et la valeur
des lutteurs bretons resta cét;lèbre. Charles de Gaulle
engagea même un lutteur comme garde du corps ! De
grands tournois étaient organisés à Paris, et
rassemblaient les bretons émigrés à la capitale. Mais
malgré ces coups d’éclat, le gouren tomba peu à peu
dans l’oubli.
En 1930, le docteur Charles Cottonnec,
porté par l’élan de Coubertin, décida donc de
redonner un coup de jeune à ce sport. Il commença par
modifier les règles, tout en conservant l’esprit de
ce sport. Ainsi il créa des catégories d’âge et de
poids, imposa une durée de combat, et instaura des résultats
intermédiaires, tel que le Kostin (point) ou le Kein
(avantage). Il essaya également de répertorier les
techniques existantes, tâche difficile car les lutteurs
n’aimaient pas montrer leurs techniques. Une fédération
de gouren fut créé.
Un sport moderne
Après plusieurs scissions et réunifications
(BAG et BRUG, puis FALSAB et FALSTAB), la fédération
de gouren devient celle que nous connaissons
actuellement. Elle compte actuellement un peu plus de
1400 licenciét;s, elle est affiliée à la Fédération
Française de Lutte, agréée Jeunesse et Sport, et
reconnue par les instances municipales, départementales
et régionales. Un Brevet d’Etat d’Educateur Sportif
(BEES) 1er et 2ème degré option Gouren a été mis en
place, des rencontres UNSS sont organisées depuis 2000,
et une option Gouren au Bac existe depuis 1998.
|